Le Livre à voyager dans le temps est un guide de balade urbaine qui vous permettra de découvrir la transformation de Mont-Laurier et de sa population.
À travers 10 lieux de notre ville, vous découvrirez que certains bâtiments cachent des histoires étonnantes.
Le but de ce guide est de vous pousser à explorer notre ville et à partir à la chasse aux petits détails qui passent souvent inaperçus.
Nous croyons qu’une image vaut mille mots et que ce guide est le parfait compagnon pour nourrir votre imaginaire.
Bonne balade dans le temps.
Euclide Phaneuf ouvre une beurrerie en 1901 près du pont de bois couvert qui relie les deux rives de la Lièvre depuis 1897. À l’époque, elle est en activité tous les jours de la semaine.
Comme la réfrigération n’existe pas, on construit des « glaciers » pour conserver la crème et le beurre, soit un bâtiment dans lequel on met en couches successives ; une rangée de blocs de glace, une rangée de bran de scie, une rangée de blocs de glace, etc.

On transporte également le lait en voiture la nuit ou tôt le matin pour éviter de l’exposer à la chaleur du soleil.

La beurrerie devient une buanderie un peu avant les années 1950.
L’Hôtel Central est construit en 1900 par Gustave Sabourin, le frère d’Ephrem, sur le coin de rue opposé au magasin général de celui-ci. C’est le deuxième hôtel du village.
À ce moment-là, les deux bâtiments ne sont pas séparés par une rue, mais reliés par un trottoir de bois.

La grande auberge de trois étages est fréquentée au printemps et à l’automne par les bûcherons et les draveurs qui y font halte avant de se rendre aux chantiers. Pour s’approvisionner en boissons alcoolisées, on doit se rendre à Sainte-Agathe par l’impraticable chemin Chapleau, un voyage de plusieurs jours.

La bâtisse a subi de nombreuses modifications, mais elle a gardé sa vocation jusque dans les années 2000. Aujourd’hui, le bâtiment est occupé par des appartements.
Bien qu’aujourd’hui cette bâtisse soit un immeuble d’appartements, elle a abrité un commerce pendant de longues années.
Dès 1897, Ephrem Sabourin y ouvre un magasin général où on peut s’offrir une bière d’épinette qu’il embouteille lui-même dans son arrière boutique. Avec son épouse, Rosalie Lafontaine, il fait aussi office de tailleur.
Vers 1912, il est le premier à présenter des films muets, appelés « vues animées », dans la petite salle attenant au magasin.

Les autorités religieuses voient d’un très mauvais œil ce nouveau divertissement venu de la ville et dont elles ne peuvent contrôler le contenu.
Prenant la relève de son père, Ruth y tient le bureau de poste jusqu’en 1968. Son mari, Adrien Thibault, est le premier policier en motocyclette de la ville.

En 1898, une épidémie de diphtérie, maladie infectieuse très grave, fait de nombreuses victimes au Rapide de L’Orignal. Le couple Léonide Hudon et Solime Alix verra mourir quatre de ses enfants en moins de 15 jours.

Solime fabriquera de ses propres mains les quatre petits cercueils qui seront enterrés dans le jardin, soit sur le terrain de l’actuelle maison Coursol, là où poussent aujourd’hui les grands arbres. Les cercueils seront déménagés au cimetière Notre-Dame-de-Fourvière après sa fondation.
La Maison Coursol, au 445, rue du Portage, est aussi bâtie par Solime Alix qui en entreprend la construction en 1926, quelques mois avant sa mort. Son épouse, Léonide Hudon, et leur fille Ruth déménagent alors dans la maison dont la construction n’est pas terminée.
La Maison Alix est la plus vieille maison de Mont-Laurier. Elle a été construite en 1889 par Solime Alix et Adolphe Bail pour remplacer l’ancien abri dans lequel vivaient les deux hommes en compagnie de Léonide Hudon, épouse de Solime, et de leurs trois filles.

Comme la plupart des maisons de l’époque, elle est construite en pièces de bois taillées à la hache et déposées les unes sur les autres. Malgré sa petite dimension de 10 mètres par 8, elle sert à la fois de magasin général, de bureau de poste, d’école et de chapelle.

On y célèbre, en août 1886, le premier baptême de la petite colonie et, en 1890, le premier mariage. En 1895, on démolit la cuisine d’été pour y construire une annexe plus grande qui servira de premier bureau de poste officiel.

Cette annexe est démolie en 1982, mais on peut voir encore, sur le mur donnant sur la rue du Portage, le découpage de la porte communicante entre la maison et la cuisine d’été.

La Maison Alix est classée monument historique en 1984.
L’année de la fondation du Rapide-de-L’Orignal, ailleurs dans le monde, John Dunlop invente le pneu en caoutchouc et, à Chicago, le premier gratte-ciel est construit.
Au départ, le site du Rapide de l’Orignal est un territoire de chasse pour les Amérindiens. La rivière du Lièvre permet aux nations amérindiennes Anishinabe et Atikamekw de se déplacer entre la rivière des Outaouais et leur territoire de chasse hivernal.
On dit que le nom donné au Rapide de l’Orignal vient d’une légende amérindienne selon laquelle un orignal aurait sauté au-dessus du rapide pour échapper à un groupe de chasseurs.
Avec l’arrivée des pionniers, le territoire du Rapide de l’Orignal est utilisé pour la coupe de bois et la drave.
Ensuite, l’agriculture devient une activité économique importante.
Puis, avec l’augmentation de la population, Mont-Laurier devient une ville de commerces et de services.
Encore aujourd’hui, la chasse, la foresterie, l’agriculture, le commerce et les services sont les principaux moteurs économiques de la région.
C’est au Rapide de l’Orignal, sur la rive ouest de la rivière du Lièvre, que commence l’histoire de Mont-Laurier.

Au départ, il n’y a qu’une petite cabane en billots qui sert de refuge aux bûcherons et aux draveurs des compagnies forestières.
À leur arrivée, les premiers pionniers, Solime Alix et Adolphe Bail, solidifient et agrandissent cet abri qui accueillera aussi les premières familles qui viennent s’installer. On l’appelle le « chantier Alix ».

En 1882, Antoine Labelle, curé de Saint-Jérôme, explore les vallées de la Lièvre et de la Rouge en quête de nouvelles terres à coloniser.

Le 19 août 1885, arrivent en canot, par la rivière, les premiers colons à s’établir ici : Solime Alix, Adolphe Bail, Georges Bail et Adolphe Hudon. Le nom du Rapide de l’Orignal apparait désormais sur les cartes.

Ils sont suivis par les frères Alfred, Louis-Norbert et Wilfrid Fortier le 23 septembre suivant. D’autres familles arrivent et, peu à peu, un village se développe sur les deux rives du rapide.
Dès 1933, des cours sont donnés dans les locaux du séminaire pour mieux préparer les futurs agriculteurs aux réalités de leur métier.

Pour que ce programme soit à la fois académique et pratique, le ministère de l’Agriculture acquiert la ferme Saint-Joseph, située derrière le séminaire.

Les étudiants profiteront ainsi d’une ferme laboratoire pour devenir de «bons habitants».

Mais les entrées se font de plus en plus nombreuses au séminaire pour les études supérieures et on manque de locaux. Il faut reloger l’École d’agriculture. Un architecte dessine donc les plans de trois pavillons qui seront prêts a être utilisés en 1955. 

Le pavillon A, baptisé la Huche, sert à la chapelle et au réfectoire. Le pavillon B, la Bûche, rassemble salle de récréation et atelier d’artisanat. Le pavillon C, la Ruche, loge classes, dortoir et administration.

L’École d’agriculture fermera ses portes en 1967.

Dans les années suivantes, l’établissement sera renommé l’École Bellevue et servira pour les élèves en difficulté. En 1993, le bâtiment devient le pavillon de Mont-Laurier du Cégep de Saint-Jérôme. Par la suite, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue se joint au collège.
Les tout premiers cours donnés dans la nouvelle colonie du Rapide de l’Orignal se donnent en 1894 dans la première chapelle située sur le terrain de Solime Alix. En 1898, Alix vend une autre partie de son terrain à la Corporation scolaire pour y bâtir la première école.
La population augmentant, une école plus vaste est construite près de la rue Limoges, l’École du Rapide, et est utilisée jusqu’en 1952.

Le bâtiment de bois ne pouvant être agrandi, on décide de bâtir une nouvelle école au pied de la colline du séminaire. Inaugurée en 1957, la nouvelle École du Rapide compte huit classes.

Cette école et sa voisine, l’École d’Arts et Métiers, seront reliées pour former le Pavillon Saint-Joseph que nous connaissons encore aujourd’hui.
À compter de 1942, des cours de menuiserie, de dessin, de lecture de plans et de mathématiques sont dispensés dans les locaux du sous-sol du séminaire. Nous sommes à l’ère de l’industrialisation, ce qui demande une main-d’œuvre de plus en plus spécialisée.
Pour répondre à ces besoins, on construit, en 1947, un bâtiment en bois de deux étages, là où se trouve aujourd’hui le stationnement de la polyvalente, pour offrir des cours d’électricité et de mécanique automobile. Il sera la proie des flammes à la fin des années 1950.

En 1958, l’École d’Arts et Métiers devient indépendante du séminaire lorsqu’un nouvel édifice est construit au pied de la colline Alix. Il peut accueillir 125 élèves.

L’École d’Arts et Métiers fermera ses portes en 1971 et le bâtiment, surnommé le Pavillon, recevra désormais les élèves de secondaire 1 et 2.
Dès 1941, Mont-Laurier possède son premier aréna situé au coin de la rue Chasles et du Boulevard Albiny-Paquette. Il est détruit par un incendie en octobre 1966.

Le choix du site du nouvel aréna provoque des discussions houleuses et on retient finalement le site derrière la polyvalente. Le nouveau bâtiment est inauguré en juillet 1968 sous le nom de Palais des sports.

Fait intéressant, la pratique de la raquette était tellement populaire à l’époque que le club L’Orignal a versé 4 500$ pour la construction du nouvel aréna, ce qui représentait une somme énorme à l’époque.

Dans la nuit du 1er décembre 1971, un incendie endommage sérieusement le bâtiment et il faudra toute une année pour le réparer. Le Palais des sports ouvre de nouveau ses portes en novembre 1972.

Aujourd’hui, il porte le nom de Centre sportif Jacques-Lesage en l’honneur du président de la Commission des loisirs qui a contribué à la réalisation du projet.
En 1969, un projet de piscine municipale est déposé au gouvernement du Québec. En 1970, la commission scolaire cède une partie du terrain derrière la Polyvalente Saint-Joseph et la construction de la piscine débute en mars 1971 pour se terminer en novembre de la même année.

À l’époque du séminaire, à peu près au même emplacement, se trouvait un terrain de balle et une patinoire extérieure.
À l’automne 1923, le nouvel évêque du diocèse de Mont-Laurier, Mgr Joseph Eugène Limoges, acquiert la colline Alix. Ce n’est qu’en décembre 1929 qu’il annonce la construction d’un nouveau séminaire, un bâtiment d’une hauteur de cinq étages.

Sa construction débute en juillet 1930 par l’entreprise Bonetto de Montréal. Nous sommes en pleine crise économique, époque surnommée « la Grande Dépression », et ce projet est d’une grande aide pour la région en créant des emplois et des entreprises.

Le bâtiment est terminé en octobre 1931 et, quelques années plus tard, reçoit déjà plus de 250 élèves.
L’augmentation continue de la clientèle amène la construction d’une résidence et de laboratoires de sciences en 1964. Mais les problèmes de gestion financière et pédagogique sont nombreux. En juin 1965, on annonce sa vente au ministère de l’Éducation du Québec qui en fera la Polyvalente Saint-Joseph.

L’endroit, qui n’a jamais abrité plus de 300 élèves, doit désormais en accueillir plus de 1200.

Sa fermeture marque la perte de l’enseignement supérieur dans les Hautes-Laurentides et il faut attendre 1983 avant que l’enseignement collégial fasse un retour dans la région.

Pendant plus de cinq décennies, le Séminaire Saint-Joseph a joué son rôle d’agent de développement social, économique et culturel de toute la région.
Alors que le nouveau séminaire vient tout juste d’être construit, Thomas Edison, inventeur du phonographe et de l'ampoule électrique et fondateur de la compagnie General Electric, meurt le 18 octobre 1931, au New Jersey.
La même année, le cinéaste Charlie Chaplin résiste à l’attrait du cinéma parlant en sortant le film muet Les lumières de la ville.
L’année de l’inauguration du Palais des sports, le 20 septembre 1968, la Ville de Mont-Tremblant accueille le championnat de formule 1 pour la première fois. Le vainqueur est le Néo-Zélandais Denny Hulme à bord de sa McLaren Ford Cosworth.
Le rôle du nouveau séminaire reste le même que celui du premier : former une élite.

Ainsi, le cours commercial jouera un rôle primordial dans le développement économique des Hautes-Laurentides en formant deux générations d’hommes d’affaires avisés et entreprenants.

Notons aussi que les facilités sportives sont nombreuses dans le nouveau bâtiment. On présente des concerts, des films et des pièces de théâtre dans son auditorium, qui était jusqu’à tout récemment la seule salle de spectacle de la ville.
Quand vient le temps de choisir un lieu pour construire l’église du village, Solime Alix offre gratuitement la colline qui surplombe le versant nord de la rivière du Lièvre. Mais après une bataille épique, c’est finalement sur l’autre rive que sont construits l’église et le presbytère, puis l’évêché, le premier séminaire et, plus tard, la cathédrale.

Malgré cela, le manque d’espace et les besoins plus grands en éducation transformeront peu de temps après cette colline en un véritable complexe de formation et de savoir pour toute la région.
En mai 1926, année de la construction du pont Reid, l'aviateur américain Charles Lindbergh effectue la première traversée de l'Atlantique entre New York et Paris à bord du Spirit of St. Louis.
La même année, la Ford Motor Company cesse de fabriquer sa voiture Model T pour vendre la Ford Model A.
La Centrale hydroélectrique est au cœur de Mont-Laurier et le symbole de la quête du progrès de ses premiers habitants.

Avant même de s’établir, dès sa première visite au début de l’été 1885, Solime Alix rêvait d’une usine qui produirait de l’électricité sur le rapide attirant ainsi colons et usines.

Au printemps 1910, un homme d’affaires de Sainte-Agathe-des-Monts, Jean-Baptiste Reid, vient au nouveau village de Mont-Laurier. Il partage l’enthousiasme de Solime Alix et obtient du conseil municipal le privilège de planter des poteaux dans les rues du village pour la distribution de l’électricité.

Les travaux commencent dès le gel de l’hiver, barrage et centrale, et à l’automne 1912, Mont-Laurier peut s’éclairer à l’électricité. La centrale aura un impact économique déterminant pour le développement de Mont-Laurier.
Bientôt le réseau ne suffit plus à la demande. Il faut agrandir et installer une turbine plus puissante. En 1937, la bâtisse est agrandie et surmontée de l’affiche lumineuse « Électrique de Mont-Laurier ».
En novembre 1949, un incendie détruit la vieille partie. Le feu permet d’améliorer les installations et un agrandissement est inauguré en 1952.
Au début de l’électrification, il faut un grand total de 34 poteaux, dont 19 avec des ampoules, pour éclairer les rues. À ce moment, Mont-Laurier ne comptait que 1 212 habitants.

Le 3 novembre 1967, Hydro-Québec achète la centrale électrique qui avait été jusque-là propriété de gens d’affaires lauriermontois. Elle est aujourd’hui la propriété d’Algonquin Power de Toronto et n’éclaire plus Mont-Laurier.
Le site du parc est d'abord occupé par la demeure du docteur Oscar Godard, le premier médecin à s'installer à Mont-Laurier en 1901.
En 1977, le docteur Alex Verdicchio, gendre de Toussaint Lachapelle, fait don du terrain à la Ville de Mont-Laurier pour l’aménagement d’un parc.

Inauguré en 1979, le parc porte le nom du docteur Toussaint Lachapelle, troisième médecin à venir s’établir à Mont-Laurier en 1910.

Depuis 1985, le kiosque au centre du parc accueille les Concerts du parc. La tradition de concerts en plein air date des années 1910 où on les présentait dans un kiosque situé sur le site de l’ancien hôtel de ville.

Dès son inauguration, le parc est habité par l’œuvre du sculpteur Roger Langevin, Le Draveur, qui est devenue depuis un des symboles les plus représentatifs de la ville.
Dès 1895, la force motrice du rapide est utilisée pour alimenter le moulin à scie Limoges construit par Louis Brière, originaire de Saint-Jérôme, sur la rive sud de la rivière du Lièvre.
On commence alors à utiliser des planches et des madriers pour la construction des maisons en délaissant les grosses pièces de bois taillées à la hache.
On y installe aussi une meule pour moudre en farine l’avoine et le sarrasin des premiers colons et leur éviter ainsi un voyage à Nominingue au moulin des pères Jésuites.

Le moulin cesse ses activités vers 1908 et tombe en ruine. Il faut attendre en 1945 pour qu’on inaugure le monument de la vieille meule dédié à la mémoire des premiers résidants de Mont-Laurier. Pour l’ériger, il a fallu sortir la meule de la rivière.
Le premier pont construit en 1897 au-dessus du rapide de l’Orignal est un pont couvert en bois, peint de la couleur rouge brique que le ministère de la Colonisation a adopté pour tous ses ponts. Il porte le nom de pont Allard.

Ce pont a une courte vie, car il est endommagé chaque printemps par les glaces et la drave des billots entraînés à grande vitesse par le courant.

De même, la crue des eaux abîme le caisson de bois rempli de pierres situé au milieu du courant. En 1920, un grand coup d’eau l’emporte et il faut le reconstruire.

Pour résoudre ces problèmes, il n’existe qu’une seule solution : une digue plus haute et complètement en béton coiffée d’un nouveau pont.
Les travaux de construction de la digue-pont débutent au mois d’août 1926 et se terminent en juin 1927. Jean-Baptiste Reid dirige les travaux d’où provient son nom actuel, pont Reid.

La nouvelle digue de béton permet à la centrale d’augmenter sa production d’électricité. Au fil des ans, le pont sera élargi et son apparence transformée quelque peu, mais aujourd’hui encore, la digue aide à alimenter la centrale.
Au fur et à mesure que des familles s’établissent dans la région, on construit des écoles dans les villages, dans les rangs.

Il faut donc des institutrices, car l’enseignement au primaire est presqu’exclusivement réservé aux femmes. Ces dernières sont formées dans des institutions qu’on appelle « École normale ».

Le gouvernement du Québec donne son accord pour l’établissement d’une telle école à Mont-Laurier le 26 mars 1926. Les Sœurs de Sainte-Croix en assument la direction.

L’École normale ouvre ses portes le 6 septembre 1927. La première normalienne à se présenter le jour de l’inauguration se nomme Simone Vanier. Son père et elle ont descendu la rivière du Lièvre en canot depuis Sainte-Anne-du-Lac pour qu’elle puisse y étudier.

Pendant les quatre décennies de l’existence de l’École normale, 1 676 diplômes d’enseignantes ont été décernés.

Vendu en 1971 à la Commission scolaire Henri-Bourassa, ancêtre de la Commission scolaire Pierre-Neveu, le bâtiment abrite aujourd’hui le Centre Christ-Roi d’éducation aux adultes et sert également de résidence pour les jeunes élèves de la Polyvalente.
La Ville de Mont-Laurier est née au moment où les Québécois ont commencé à harnacher les rivières pour produire de l’électricité.
C’est donc un extraordinaire saut dans la modernité qu’allait faire cette petite communauté rurale, à l’image de la légende de l’orignal qui sauta par-dessus la rivière.

L’électricité a été la source d’un grand développement industriel et social. L’enseigne lumineuse installée sur le toit de la centrale est, en quelque sorte, l’emblème de notre ville.
La vie culturelle a toujours été active dans la région et, depuis longtemps, Mont-Laurier accueille des artistes en tournée.

Pendant plusieurs décennies, l’auditorium de la Polyvalente Saint-Joseph assume le rôle de salle de spectacle. Il faut attendre l’automne 2014 pour que la région soit équipée d’une salle de spectacle qui répond aux besoins de la communauté, en plus d’offrir une vue imprenable sur la rivière et la cathédrale.

Les plans de la salle sont de l’architecte Éric Gauthier, de la firme d’architectes FABG, à qui on doit également la réalisation de L’Espace Go, du Théâtre la Licorne et du Théâtre de Quat’sous à Montréal.
Les architectes Viau et Venne de Montréal proposent une église aux dimensions imposantes pour remplacer l’église de bois bâtie en 1903. Son clocher se projette jusqu’à 52 mètres de haut sur la colline qui domine le paysage environnant.
L’entrepreneur local Samuel Ouellette prend charge des travaux de construction qui débutent en avril 1918. Le granit gris du revêtement extérieur, qu’on peut voir sur le clocher toujours debout, provient d’une carrière qui était située où sont aujourd’hui l’école de la Carrière et l’église Cœur-Immaculée-de-Marie.

La première messe est célébrée le 23 février 1919, dans une cathédrale inachevée.

Le 1er février 1982, survient le drame qui a marqué tous les gens de l’époque : la cathédrale est ravagée par un incendie. Seuls les murs de pierre résistent.

Et c’est à l’intérieur de ces mêmes murs que la nouvelle cathédrale, dessinée par l’architecte André Simon, est consacrée le 12 mai 1985. On y célébrera la messe d’inauguration de l’année du centenaire de Mont-Laurier le premier janvier 1985.
Bâtie en face de la cathédrale, au 522, rue du Pont, cette ancienne maison, avec ses fleurs de lys peintes au second étage, est construite et habitée par le commerçant Alfred Fortier, en janvier 1896. Elle figure parmi les quatre premières demeures de Mont-Laurier.
Alfred Fortier y aurait habité jusqu’en 1911, année où il la vend à Me Ernest Charette, un des premiers avocats à s’installer dans la région et maire de la Municipalité de Mont-Laurier de 1935 à 1939. La famille Charette y résidera pendant plusieurs décennies.

Si toutes les fenêtres sont d’origine, le stuc cache plusieurs autres revêtements couvrant les bardeaux de cèdre originaux.
Située au 530, rue du Pont, cette maison encore en parfait état, a été celle du docteur Albiny Paquette, un personnage important dans l’histoire de Mont-Laurier et du Québec.
Albiny Paquette est né à Marieville, en Montérégie, le 7 octobre 1888. Diplômé de médecine en 1913, il s’installe à Mont-Laurier et loge chez le docteur Henri Cartier avant de partir pour les Balkans lors de la première Guerre mondiale (1914-1918).

À son retour, il commence une carrière politique couronnée de succès. Il est maire de Mont-Laurier de 1926 à 1935 ; puis député de Labelle, sous la bannière de l'Union nationale, de 1936 à 1958.

Albiny Paquette est secrétaire de la province de 1936 à 1939 et le premier à être nommé ministre de la Santé au Québec en 1936. Il se retire le 20 août 1958, sans jamais avoir été vaincu.

Après avoir consacré sa carrière à la médecine et à la politique, Albiny Paquette publie ses mémoires en 1977 et décède un an plus tard, le 25 septembre 1978, à l'âge de 89 ans.
L’année de l’incendie de la cathédrale, le chanteur américain Michael Jackson lance son sixième album, Thriller, qui deviendra l'album le plus vendu de tous les temps.

Le film E.T. l’extraterrestre, du réalisateur Steven Spielberg, envahit les écrans.
En 1984, année de l’inauguration de la cathédrale restaurée, Apple Computer lance l’ordinateur personnel Macintosh. Grande avancée technologique pour l’époque, il est le premier ordinateur personnel avec une souris et une interface graphique.
Le 1er février 1982 est à jamais un jour de grand deuil dans l’histoire de Mont-Laurier. En cette fin d’après-midi, une épaisse colonne de fumée noire s’élève tout à coup du centre de la ville dans le ciel blanc d’hiver.

La rumeur se répand comme un seul cri : «La cathédrale brûle!» Les villageois se précipitent hors des maisons à peine vêtus, les commerçants ferment boutique.

Tous n’ont qu’une phrase en tête : ce n’est pas possible. En s’approchant du brasier des gens pleurent, certains s’agenouillent pour prier, d’autres sont pétrifiés comme des statues.

Chacun a le sentiment profond de perdre quelque chose qui lui appartenait en propre.
Comme c’était le cas pour la grande majorité des villes et villages du Québec d’autrefois, le cœur de Mont-Laurier était sa cathédrale.

En plus des événements religieux, ce lieu a été l’hôte de plusieurs concerts mémorables. Mais le plus marquant et le plus dramatique de ces événements est sans contredit l’incendie qui l’a dévastée. Dressé comme une flèche vers le ciel, le grand clocher rappelle le souvenir d’une autre époque.

Toutefois, depuis l’automne 2014, une nouvelle construction tout autant rassembleuse a ouvert ses portes. Une « cathédrale » de la culture se dresse maintenant là où la première église a vu le jour.
En 1909, persuadé que le train se rendra bientôt jusqu’à Ferme-Neuve, Gustave Sabourin part y construire l’Hôtel Sabourin.

Son jeune fils Henri, 9 ans, assure le transport des voyageurs jusqu’au train et l’approvisionnement. Il faut une heure pour couvrir la distance Ferme-Neuve - Mont-Laurier.

Son hôtel est la proie des flammes en 1920, presqu’au même moment que l’hôtel Chartrand de Zotique Raymond à Mont-Laurier. Gustave Sabourin achète le terrain de ce dernier, situé à l’angle des rues du Pont et de la Madone, pour y construire le Château Laurier.

Le jeune Henri assurera le transport chaque jour, cette fois vers la gare, dans un traîneau sur ski de 10 places chauffé par un poêle.
Le coin sud-est des rues de la Madone et du Pont est occupé au départ par l’hôtel Le Rapide de l’Orignal, construit en 1894-1895 par Louis-Norbert Fortier. C’est le premier établissement du genre.

Plus tard, le magasin les Meubles Légaré s’y installe et l’occupe pendant de nombreuses années.

Le bâtiment est démoli vers 1990 et la nouvelle construction héberge depuis restaurants, mini golf et, aujourd’hui, une compagnie d’assurances.
Il portait bien son nom. Ses galeries couvertes courant sur deux étages et, à l’origine, sur deux côtés, lui donnaient effectivement l’allure d’un château. Avec un petit quelque chose du saloon du far west américain.

Pendant 58 ans, il est au cœur de la ville, pour ne pas dire le cœur de la ville.

Gustave Sabourin le fait construire en 1920 et il devient rapidement le plus important établissement hôtelier de Mont-Laurier et de la région. Il est particulièrement renommé pour sa table gastronomique.

D’autres services s’ajoutent au fil des années : un salon de barbier, trois salles d’exposition où les voyageurs de commerce présentent leurs échantillons que les marchands du coin viennent apprécier.

En 1935, s’ajoutent 37 chambres, puis 24 en 1948 et 18 autres en 1952. Dans les meilleures années, on y sert jusqu’à 2 000 repas par semaine. Environ 300 000 visiteurs y sont hébergés pendant les 58 ans de son existence.

Ce très beau bâtiment sera malheureusement détruit par un incendie le 17 juin 1978. Le bâtiment actuel sera construit au début des années 1990.
C’est en 1912 que la première banque à s’établir à Mont-Laurier, la Banque d’Hochelaga, ouvre une succursale à l’intersection des deux rues les plus fréquentées du village.
Son perron, qui fait l’angle des deux rues, est un lieu privilégié pour les discussions et parlottes improvisées entre commères ou gens d’affaires.

En 1924, suite à sa fusion avec la Banque Nationale, elle devient la Banque Canadienne Nationale. L’institution financière déménage alors sur le coté est de la rue du Pont où elle est active pendant de nombreuses années.

En 1974, la Banque cède son premier édifice à la Ville de Mont-Laurier qui y loge sa bibliothèque municipale jusqu’en 1989. L’édifice retrouve par la suite sa vocation commerciale.
L’année où Mont-Laurier voit naître sa première banque, le Titanic coule au large de Terre-Neuve dans l’océan Atlantique dans la nuit du 14 au 15 avril. 1 500 personnes perdent la vie dans ce qui est devenue l'une des plus grandes catastrophes de l’époque.
Dans les premières années du Rapide de L’Orignal, il n’y a pas de pont qui relie le haut et le bas du village. Il y a donc deux rives et deux quartiers : le quartier du rapide, situé près de la maison de Solime Alix, et le haut du village, situé à la hauteur de la rue de la Madone.

Les deux quartiers se développent en parallèle pendant douze ans, jusqu’à la construction du premier pont couvert en 1897.

Avec la construction de la première banque au coin des rues du Pont et de la Madone, en 1912, le haut du village attire plus de commerçants et professionnels. La rue du Pont va jouer un rôle de plus en plus important dans le développement de Mont-Laurier.
Le magasin général est l’endroit où l’on peut se procurer le nécessaire pour vivre : nourriture, vêtements, outils, jouets. On y trouve de tout « en général ».

Comme l’argent comptant est rare, on y pratique le « troc » ; en échange de denrées alimentaires ou de vêtements, les clients offrent du bois ou des animaux.

Le magasin général est aussi un lieu de rencontres important où fermiers et villageois transigent entre eux, échangent nouvelles et potins en fumant la pipe autour du poêle à bois.
Lorsqu’Émile Lauzon s’installe au Rapide de l’Orignal, en 1908, au coin des rues du Pont et Carillon, il y existe déjà un petit carrefour commercial comprenant une fromagerie, un forgeron, un sellier et la boulangerie Gauvreault.
Une succession de commerces verront le jour à l’angle de ces deux rues au fil du siècle et, encore aujourd’hui, ce tronçon du centre-ville est majoritairement occupé par des commerçants.
Située au 445 de la rue du Pont, la Maison Léonard Moncion est construite vers 1916, selon les plans des architectes Viau et Venne de Montréal.
L’imposante demeure de brique attire l’attention avec sa large baie et son magnifique perron-galerie, témoignant ainsi de la fortune de l’homme qui tient également le magasin général le plus chic du village, juste à côté.

Léonard Moncion occupe pendant de nombreuses années un poste de commissaire pour la Commission scolaire de Mont-Laurier et est également conseiller municipal, notamment sous l’administration du maire Charrette dans les années 1930.
Après avoir complété son cours commercial, Émile Lauzon travaille dans divers commerces de sa région natale des Basses-Laurentides.

Désireux de fonder son propre commerce, il décide de venir s’établir dans un village nouvellement ouvert. Le 8 septembre 1908, il loue un local dans ce qui était un petit centre commercial qui regroupait, entres autres, une fromagerie, un forgeron et un sellier, et y ouvre un magasin général.

Entre 1912 et 1917, il achète un à un ces commerces et agrandit son magasin qui devient vite l’un des plus importants du centre du village.

On y fume allègrement la pipe, confortablement assis dans des chaises en rotin et Émile fournit le tabac. On y parle de tout, sauf de politique. Émile y tient.

En 1912, il fait construire une maison, dont l’entrée est sur la rue Carillon, et a recours aux services de l’architecte Alfred Gamelin pour la rénover en 1933. La maison compte alors 22 pièces.

Les descendants de la famille Lauzon l’habiteront plusieurs décennies. Le commerce cessera ses activités en 2003 et le bâtiment sera modifié et agrandi pour abriter les bureaux de la MRC d'Antoine-Labelle.
En 1909, Léonard Moncion et son beau-frère, Jérôme Palme Lahaie, propriétaires d’un terrain situé à l’angle sud-ouest des rues du Pont et Carillon, y ouvrent un magasin que M. Moncion et ses fils opèrent pendant plusieurs années.

Leur magasin est situé en face du magasin général Lauzon et les deux commerces se livrent ouvertement une guerre commerciale, mais aussi architecturale, en se relançant à grands coups de colonnades, de frises et d’ornements.

Les marchandises vendues dans le magasin Moncion sont plus haut de gamme et destinées à la bourgeoisie. C’est le magasin chic du village.

La famille Leblanc acquiert le magasin en 1944 qui sera plusieurs fois rénové avant de devenir une épicerie de la bannière IGA en 1957.

Au tournant des années 1990, le commerce a été détruit pour laisser place à une toute nouvelle épicerie. Le bâtiment abrite, depuis plusieurs années, un club vidéo.
Ce bâtiment abrite durant plusieurs années la Banque de Montréal et devient l’édifice Benjamin-Laurin quand une clinique médicale s’y installe.
Les nouveaux propriétaires, André Laurin et le Dr Luc Laurin, nomment l’édifice en l’honneur de Benjamin Laurin, un homme d’affaires de la région, né en 1897 et décédé en 1965.

Benjamin Laurin arrive au Rapide-de-l’Orignal en 1908, à l’âge de 21 ans, avec sa paire de chevaux et sa « wagin » pour tous biens. Il entreprend d’abord de faire le transport de marchandises entre Nominingue et Mont-Laurier, via le chemin Chapleau.

Il ouvre ensuite deux magasins : l’un dans le quartier de la gare et l’autre au rapide dans l’hôtel Sabourin. Puis, il emménage dans un bâtiment au coin des rues du Pont et du Portage, bâtiment détruit par le feu dans les années 1970.

En 1923, il devient le premier concessionnaire Ford dans la région.
La spacieuse maison Chasles construite vers 1908-1909 a pignons sur rue au 562, rue de la Madone.
Bel exemple des maisons bourgeoises de l’époque, elle attire l’attention avec sa tourelle en façade et ses nombreuses fioritures toutes fabriquées à la main. Elle possède encore plusieurs caractéristiques d’époque.

Dès son arrivée en 1901, Joseph-Hilaire Chasles s’installe au centre du village. Il est entrepreneur immobilier et est très impliqué dans les transactions qui permettent à la ligne de chemin de fer le P’tit Train du Nord de se rendre à Mont-Laurier, car il négocie l’achat des terrains nécessaires à la construction de la voie ferrée.

Il quitte Mont-Laurier vers 1920. En témoignage de son implication importante dans le développement de la région, la rue adjacente à sa maison porte son nom.
Après la construction de la cathédrale, la première église, construite en 1903, devient une salle paroissiale.
Le 19 juin 1927, on accorde un contrat pour son déménagement à Ubald Blouin. Le bâtiment, mesurant 24 mètres par 12, est démoli par sections et remonté à l’angle des rues Chasles et Bellerive près de l’Académie Sacré-Cœur.

La salle paroissiale connaîtra plusieurs usages : assemblées politiques, réunions d’organismes, soirées bénéfices dites « tombolas », pièces de théâtre présentées par des troupes locales et professionnelles, concerts.

Plus tard, une salle de quilles occupera le sous-sol et on y retrouvera aussi une manufacture de vêtements.

En 1949, un agrandissement de trois étages sera érigé à l’arrière pour héberger des organismes culturels et sociaux. La bibliothèque municipale s’y installera en 1964 lors de sa création.
En 1958, pendant que les ouvriers s’affairent à l’agrandissement de l’Académie Sacré-Cœur, on termine le Seagram Building de New York.

De l'architecte allemand Ludwig Mies van der Rohe, le Seagram Building est considéré, à cette époque, comme le gratte-ciel le plus cher du monde.
La même année, en Belgique, sont apparus pour la première fois les Schtroumpfs, sous le crayon de Peyo. Ces petits lutins bleus ont connu un succès instantané.
Alors qu’il est déjà un homme d’affaires prospère lors de la fondation du Rapide de l’Orignal en 1885, James MacLaren ouvre rapidement un entrepôt de marchandises dans la région pour les besoins de ses opérations forestières.

Dès que les premiers colons commencent à défricher et à s'établir au Rapide de l'Orignal, ce genre de magasin est nécessaire pour approvisionner les fermes de la région en marchandises de toutes sortes.
Les fermiers de l'époque font l'élevage du bétail qui sert à nourrir les bûcherons au cours de l'hiver et élèvent également les chevaux qui sont utilisés pour les opérations forestières.
Ils cultivent aussi la majeure partie des fruits et légumes consommés par les employés de la compagnie forestière de James Maclaren.
Comme le dit son nom, une briqueterie est une entreprise produisant des briques. Celle du Rapide-de-l’Orignal voit le jour vers 1905, du côté ouest de la rivière où elle occupe une partie de la rue Limoges.

Au départ, l’entreprise est modeste et produit essentiellement des briques pour les cheminées.

Par la suite, la briqueterie, qu’on appelait communément « la Briquade », fournira les briques nécessaires pour le revêtement extérieur de maisons et de bâtiments aussi divers que des écoles de rang, le premier évêché, l’Académie du Sacré-Cœur, le premier séminaire et nombre d’autres.

Elle employait une quinzaine d’ouvriers.

On reconnaît facilement sa couleur rouge brun caractéristique sur plusieurs maisons et bâtiments de la ville et des alentours.
James MacLaren détient dès 1864 le droit de coupe de bois exclusif sur la rivière du Lièvre. À sa mort, ses cinq fils forment la Compagnie James MacLaren et obtiennent le droit de mener leurs opérations forestières dans notre région en 1901.

Le bâtiment de la MacLaren, coin des rues Chasles et de la Madone, abrite au rez-de-chaussée un magasin de vêtements pour les bûcherons et les draveurs et des fournitures pour l’exploitation forestière. Des chambres sont réservées à l’étage pour les dirigeants de la compagnie qui font la tournée des chantiers.

En 1940, le rez-de-chaussée est transformé en bureaux et, derrière, une grande écurie est construite pour accueillir les chevaux destinés aux chantiers.

En 1950, la compagnie agrandit la bâtisse pour y loger une de ses filiales, la Lievre River Telephone qui détient, depuis 1912, le monopole de l’exploitation du réseau téléphonique de la Lièvre, de Buckhingham à Ferme-Neuve.

Transformée en 1984 en petit centre commercial, la bâtisse retrouve une nouvelle fonction. En 1987, le hangar à l’arrière est rénové pour accueillir des commerces et des appartements.
L’Académie du Sacré-Cœur, au 525, rue de la Madone, ouvre ses portes en 1914 sous le nom d’Académie commerciale.
L’école de 10 classes, construite d’après les plans des architectes Viau et Venne de Montréal, est construite par Samuel Ouellette pour la somme de 35 000,00$.

L’enseignement, confié aux Sœurs de la Providence qui habitent au premier étage, offre des cours préparatoires de la 1ère à la 3e année en classes mixtes et de 4e à la 7e année, les filles séparées des garçons.

En juin 1958, des travaux d’agrandissement sont entrepris et on distingue encore sur le côté du bâtiment les fenêtres en arc de la vieille partie.

On y retrouve aujourd’hui les services de la Commission scolaire Pierre-Neveu et des classes de pré-maternelle et maternelle.

Comme plusieurs bâtiments de l’époque, le revêtement était fait de briques rouges qui provenaient de la «Briquade» du Rapide-de-l’Orignal.
«Il n’y a qu’une chose que les gens de Mont-Laurier ne peuvent nous prendre, disaient ceux de Nominingue à la fin des années 1910 : ce sont nos lacs!»

Qu’on en juge : le terminus du chemin de fer, le district judiciaire, le diocèse – avec la cathédrale et l’évêché, le séminaire, autant de projets qui passent par Nominingue avant d’être définitivement mis en place à Mont-Laurier.

Le séminaire est le dernier projet que Mont-Laurier ait « volé » à Nominingue.
Joseph Forget achète en 1903 un terrain sur la rue de la Madone, angle Chapleau, pour y construire l’Hôtel du Nord qui compte quatre chambres.
L’établissement changera plusieurs fois de propriétaires avant d’être vendu au Séminaire Saint-Joseph.

Comme le premier séminaire était trop petit, l’hôtel sera transformé en dortoirs et salles de classe en attendant le nouveau Séminaire.

Aujourd’hui, cet emplacement abrite des appartements pour les personnes âgées.
Dès le printemps 1914, le premier évêque de Mont-Laurier, Mgr François-Xavier Brunet, annonce la construction du nouvel évêché.
Les architectes montréalais Viau et Venne proposent les plans d’un édifice de deux étages, à la fois imposant et élégant, faisant face à la rue principale.

La brique de son revêtement extérieur est fabriquée par la Briqueterie du Rapide-de- l’Orignal et l’entrepreneur est Samuel Ouellette.

En 1947, l’édifice est prolongé, un quatrième étage est ajouté et on le relie à la cathédrale par un couloir surélevé.

L’ensemble est recouvert de granite rouge provenant d’une carrière de Lac-Saguay et le toit en mansarde est changé pour un toit plat, pour lui donner son allure actuelle.
Le 1er septembre 1915, le Séminaire Saint-Joseph ouvre ses portes dans un édifice neuf de deux étages construit par Samuel Ouellette et voisin de l’évêché, rue de la Madone. Il accueille 110 élèves.

Rapidement, l’institution s’avère trop petite et un étage est ajouté à l’été 1920. Le nombre d’élèves augmentant constamment, Mgr Joseph-Eugène Limoges, deuxième évêque de Mont-Laurier, décide d’en construire un nouveau sur la colline Alix.
En 1931, on détruit l’ancien séminaire pour construire un édifice qui servira d’hospice et d’orphelinat. C’est la partie centrale de l’édifice actuel.

Deux ans après sa fondation, l’hospice accueille déjà 120 pensionnaires dits « nécessiteux ».

L’hôpital le plus près est situé à l’époque à Saint-Jérôme. En 1936, le docteur Gustave Roy convainc la direction de l’hospice d’aménager six pièces en hôpital, soit quatre chambres, un laboratoire et une salle de chirurgie.

Bientôt, le chirurgien jouit d’une telle réputation qu’on vient de Saint-Jérôme et même de Montréal pour se faire opérer ici. Il avait le talent, disait-on, de ne laisser que de fines cicatrices après une opération.

Depuis son agrandissement, l’édifice a conservé sa première vocation : être un centre d’hébergement pour personnes âgées.
Pendant que Mont-Laurier ouvre son premier séminaire en 1915, les Red Sox de Boston remportent les Séries mondiales face aux Phillies de Philadelphie.
La même année, à Biarritz, dans le sud de la France, Gabrielle Chanel, dite « Coco Chanel », ouvre une première maison de couture.
Le chemin Chapleau, aujourd’hui rue Adolphe-Chapleau, est la route qui a permis la colonisation entre la Rivière Rouge et la Rivière du Lièvre.

Elle reliait Nominingue à la rivière du Lièvre à la hauteur des actuels ponts couverts jumelés de Ferme-Rouge. C’est donc par ce chemin, très laborieux à l’époque, que sont arrivés les premiers pionniers pour fonder le Rapide-de-L’Orignal en 1885.

Au début du 20e siècle, on a érigé au coin des rues Chapleau et de la Madone un hôtel, un évêché et le tout premier séminaire de Mont-Laurier, devenu le Foyer Sainte-Anne que nous connaissons encore aujourd’hui.
Depuis les débuts, le quartier du rapide et celui du village possède chacun leur bureau de poste.

Solime Alix, puis sa fille Ruth, assurait le service au rapide et Wilfrid Touchette faisait de même dans son magasin général de la rue de la Madone sur le site de l’actuelle Librairie Jaclo.

Construit par Jean-Baptiste Reid, le bureau de poste central est inauguré en 1927.

Le premier véritable bureau de poste remplace le comptoir de services dans le magasin de Wilfrid Touchette en opération depuis 1910 ; celui du rapide sera en activité jusqu’à la fin des années 1960.

Le bâtiment sera agrandi en 1957-1958 et logera l’Hôtel de ville de 1979 à 2013. Depuis, il loge une firme comptable.
Jusqu’en 1936, les projections de films ont lieu dans des endroits différents comme la salle Génier, construite en 1909 sur la rue Carillon près de la rue Chasles, et la salle paroissiale déménagée sur la rue Bellerive.
Le 25 décembre 1936, plus de 200 personnes assistent à la projection d’un film, muet, dans le premier bâtiment consacré au 7e art, le Théâtre Laurier.

Léopold Florant avait acquis ce commerce en 1931 pour y loger sa cordonnerie et sa famille et ce n’est qu’en 1935 qu’il peut entreprendre les travaux pour réaliser son rêve d’ouvrir une salle de cinéma. Les autorités religieuses et municipales s’y étaient toujours opposées.

Le premier film parlant est projeté le 1er juillet 1937. À compter des années 1940, la salle affichera les grands noms des troupes de théâtre de variété en tournée. On assiste aussi à des combats de lutte, de boxe et à des rassemblements politiques. Avant l’ouverture de la salle de théâtre, le sous-sol a abrité un salon de quilles.

Dans les années 2000, un nouveau propriétaire rénove le bâtiment qui compte maintenant trois salles de projection.
Cette maison, l’une des plus majestueuses de Mont-Laurier, reflète la richesse d’une autre époque.
Elle a été construite par Samuel Ouellette, surnommé « Bidou », maître d’œuvre de la construction de plusieurs des bâtiments les plus importants de Mont-Laurier.

Samuel Ouellette s’établit à Mont-Laurier avec sa famille en 1908. Il y acquiert un moulin à scie et une boutique à bois sur la rue de la Madone près du ruisseau Villemaire.

Il entreprend la construction de sa maison en 1909 et la termine en 1911. De 1917 à 1920, de nouvelles pièces s’ajoutent à l’arrière. Après son décès, en 1932, son fils Romée, notaire, l’habitera jusqu’à son décès en 1980.

L’épouse de Samuel, Reine-Aimée Lafantaisie, y demeurera jusqu’en 1985. La maison sera alors vendue afin d’y tenir des activités commerciales.
Un palais de justice raconte l’histoire judiciaire à travers les différentes époques. En celui de Mont-Laurier, qui servait alors également de prison, un procès célèbre s’est tenu en 1930.
Édouard Thomas dit Tranchemontagne était accusé du meurtre d’Arthur Nantel, tué le 29 septembre 1930 à l’Annonciation. Édouard Thomas a été déclaré coupable de meurtre le 13 février 1931 et condamné à la pendaison.

Le 22 mai 1931, on a fait venir un bourreau et une potence a été dressée dans la cour de la prison de Mont-Laurier pour exécuter la sentence.

Édouard Thomas dit Tranchemontagne a été la première et la dernière personne à être pendue à Mont-Laurier.
Pendant que la Ville de Mont-Laurier emménage dans l’ancien bureau de poste en 1979, Youpi, la mascotte des Expos de Montréal, fait sa première apparition au Stade Olympique.

La célèbre mascotte orange accompagnera les Expos jusqu'à leur départ en 2004. Youpi anime maintenant les parties de hockey du Canadien de Montréal.
La même année, la compagnie japonaise Sony lance son baladeur à musique, appelé le Walkman. Son succès est instantané et marquera toute une génération.
En avril 1911, le gouvernement du Québec achète de Joseph-Hilaire Chasles le terrain sur lequel le palais de justice sera construit.

Les travaux de construction débutent en janvier 1912 et seront terminés en avril 1913, contrairement à ce que laisse croire la date inscrite sur le bâtiment.

Officiellement inauguré en novembre 1913, l’édifice de deux étages abrite la Cour Supérieure, la Cour du Circuit, une salle d’audience à l’étage et une annexe, à l’arrière, où est située la prison.

À sa première année d’activité, la prison compte 13 détenus pour une population d’environ 1 200 habitants.

Avant les travaux de rénovation entrepris en 2003, le palais de justice n’avait subi aucune modification importante depuis sa construction.

Ces travaux ont consisté à rénover la partie avant du palais et à démolir la partie arrière, l’ancienne prison étant fermée depuis 1987, pour y construire un agrandissement.

Le mobilier d’origine a été préservé et mis en valeur.
Au début du 20e siècle, l’administration judiciaire des cantons du nord, localisée à Hull, est débordée.

On parle de construire un nouveau district judiciaire pour les cantons du nord. À Nominingue, commerçants, notables et cultivateurs se rassemblent afin de promouvoir le développement de leur localité.

En septembre 1907, la Cour de Circuit siège dans le nouvel Hôtel-de-ville que les résidants de Nominingue qualifient déjà de Palais de justice.

Mais sur la Lièvre, le curé Génier n’a pas dit son dernier mot et rencontre le premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier, et celui du Québec, Lomer Gouin, pour les convaincre de créer le nouveau district judiciaire à Mont-Laurier.

Il avait déjà obtenu d’eux le prolongement du chemin de fer et le terminus du P’tit train du Nord.

À son grand plaisir, le premier ministre Gouin annonce, en 1910, la création du nouveau district judiciaire et Mont-Laurier en est désigné comme chef-lieu. À la grande consternation des gens de Nominingue.

Avec l’arrivée d’un palais de justice, de ses juges, avocats, notaires et autres fonctionnaires dans leur village, les habitants de Mont-Laurier vont rapidement voir leur petite colonie se transformer en capitale des cantons du nord.
Les scieries seront longtemps les plus importants employeurs de Mont-Laurier. Au moment de l’arrivée du train, en 1909, le quartier du bas du village prend l’apparence d’une immense cour à bois.

Dès 1903, à l’embouchure du ruisseau Villemaire, la Chartrand Cie opère un moulin à scie actionné à la vapeur. Samuel Ouellette l’acquiert en 1908, l’agrandit et en fait l’entreprise de sciage la plus active de la région.

Le moulin fonctionne 24 heures par jour et emploie 100 hommes et 100 paires de chevaux pour le transport du bois. Peu après, il achète la manufacture de portes et fenêtres voisine.

Dans les années 1920, on dénombre plus de 100 scieries dans un rayon de 60 kilomètres autour de la gare. Le train est le seul moyen de transport pour exporter le bois à l’extérieur de la région.

Le 27 juillet 1944, un incendie détruit l’usine de placage de la Bellerive à Nominingue. Ses propriétaires, un groupe d’hommes d’affaires de Mont-Laurier, dont Toussaint Lachapelle et Émile Lauzon, décident de la reconstruire à Mont-Laurier près de la gare.

La Bellerive Veneer Plywood devient l’usine de panneaux à trois plis la plus importante en Amérique du nord.

Plusieurs années après, en 1987, c’est au tour de l’usine Panfibre de commencer à produire des panneaux de MDF.
Le premier train régulier avec passagers entre en gare de Mont-Laurier le 15 septembre 1909.
Au départ, la gare porte le nom de « Duhamel », en l’honneur de Monseigneur Thomas Duhamel, évêque du diocèse d’Ottawa auquel appartiennent encore toutes les paroisses de la région.

À l’origine, elle mesure 15 mètres par 7. Elle comprend le bureau du chef de gare, la salle d’attente, la salle aux bagages, une cuisine, une salle à manger et quatre chambres à l’étage où logent le chef de gare et sa famille.

En 1927, on double sa longueur qui passe à 36 mètres par 7.
Concurrencé par le transport routier, autos, autobus et camions, le service ferroviaire voit sa clientèle baisser de façon continue. Le P’tit Train du Nord transportera des voyageurs en partance de la Gare de Mont-Laurier pour la dernière fois le 11 novembre 1981.

Le transport de marchandise cessera le 31 décembre 1986.

Pendant plusieurs années, la gare sera abandonnée avant d’être restaurée à la fin des années 1990. Ses locaux sont occupés par un organisme communautaire.

L’ancien chemin de fer est devenu une piste cyclable durant la belle saison et un sentier de motoneige l’hiver.
En 1909, l’année où le train arrive à Mont-Laurier, John Ambrose O'Brien fonde les Canadiens de Montréal. La Ligue nationale de hockey (LNH) sera créée 8 ans plus tard.

La même année, le gouverneur général du Canada, Earl Grey, remet la première coupe Grey de l’histoire à l’équipe gagnante du championnat de la Ligue canadienne de Football (LCF).
Pour s’assurer que le service de trains soit régulier, chaque gare possédait une horloge qui devait absolument afficher l’heure juste. Les citoyens se référaient à cette horloge pour connaître l’heure exacte et régler leur montre.
Ce phénomène était à ce point important que toutes les gares du Canada recevaient chaque jour un signal par télégraphe qui leur permettait de vérifier l’exactitude de l’heure.
C’est plus qu’un chemin de fer qui arrive à Mont-Laurier en 1909. Maintenant que le train atteint le cœur de la région, la réception et l’expédition de marchandises provenant de tout le Québec, du Canada et des États-Unis est possible.

Des voyageurs de partout peuvent désormais arriver en train pour profiter de notre belle région de villégiature. Les familles peuvent se visiter d’un village à l’autre. On va magasiner « en ville ».

La gare est un véritable lieu de rendez-vous pour observer tout ce qui se passe dans le petit Mont-Laurier de l’époque. « On va au train ! » criaient les enfants en courant sur les trottoirs de bois de la rue de la Madone.

Les hôtels viennent y chercher les voyageurs en voitures à cheval, les taxis de l’époque.

La gare est également le point de chute du courrier expédié et reçu. Et on ne se lassait pas d’admirer le confort des wagons aux sièges de velours.
BENOIT PANNETON
CONCEPTION SONORE
BENOIT DESJARDINS
VALÉRIE PANNETON
GILLES DESCHATELETS
RECHERCHE ET RÉDACTION
RICHARD LATREILLE
CONCEPTION WEB, INFOGRAPHIE ET ANIMATION
BENOIT DESJARDINS
SILÈNE BEAUREGARD
CONCEPTION, DESIGN ET ILLUSTRATIONS
VALÉRIE PANNETON
BENOIT DESJARDINS
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Le Livre à voyager dans le temps est une initiative de la Ville de Mont-Laurier, rendue possible grâce à la participation financière du ministère de la Culture et des Communications.
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